L’assainissement avance – de manière sûre et responsable
« Nous nous sentons en sécurité » Suite à l’explosion de l’année dernière, la bci Betriebs-AG a élaboré des mesures de sécurité complémentaires avec les partenaires de l’assainissement et des spécialistes externes, puis les a mises en œuvre. Depuis mai 2011, des déchets sont à nouveau excavés et préparés. Les collaborateurs connaissent les risques et font confiance aux nombreuses mesures de sécurité, à la surveillance de leur santé et à leurs propres compétences.
Claudio Wächter aime la mécanique. Ce jeune homme de 22 ans a fait une formation de mécanicien auto et a restauré pour son propre compte quatre anciennes voitures japonaises. Depuis le printemps 2010, il travaille à Bonfol pour Chiresa AG qui se charge de la préparation des déchets pour le partenaire d’assainissement HIM : « J’aime bien conduire les véhicules dans la halle de préparation, que ce soit la pelle mécanique, le chargeur sur pneus ou le porte-conteneurs. Nous sommes conscients des risques liés aux déchets, mais je n’ai pas peur. » Est-ce que la situation a changé, pour lui, après l’explosion ? « Avec l’ensemble des mesures, le broyeur et les vitrages blindés renforcés des engins, je me sens en sécurité. »
Karl Mosimann est le chef d’exploitation pour l’assainissement de la décharge chez Chiresa. Il est fier d’avoir pu apporter, avec d’autres collaborateurs, son savoir-faire et son expérience lors de l’élaboration des nouvelles mesures. C’est ainsi qu’ont été développés conjointement des tests chimiques rapides qui permettent de mettre en évidence des chlorates et des substances similaires. Au moyen d’un nouveau test dit « du marteau », il est également possible de déterminer la sensibilité des déchets aux chocs. « Depuis la reprise des travaux, quelque 14’000 tonnes de déchets ont été préparées et les nouvelles analyses n’ont révélé aucun problème particulier », précise Karl Mosimann.
Expérience et responsabilité
Karl Mosimann travaille dans la salle de commande. Sur des écrans, il supervise ses ouvriers qui travaillent dans des véhicules ou avec une combinaison de protection dans la halle de préparation. Par radio, il peut communiquer avec chacun d’eux. Il coordonne les travaux sur la base de sa vision d’ensemble et de sa grande expérience et envoie les collaborateurs à la pause à la fin de leur période d’intervention. « Pour les gens travaillant dans la halle, il est important de savoir que nous avons toujours un œil sur eux. » Celui qui sort du sas de décontamination enlève sa combinaison et prend une douche, puis fait une pause d’une heure. Après cela, il se charge d’autres travaux. « Le changement de tâches et les pauses après le travail astreignant en combinaison de protection rendent le travail plus agréable et aident à rester vigilant », explique Karl Mosimann. « Nous avons confiance dans nos capacités et en celles de nos collègues. Cette confiance s’exprime par le fait que le personnel de Chiresa à Bonfol n’a pas changé depuis l’explosion. »
A côté des normes de sécurité draconiennes et de l’organisation rodée des processus de travail, des mesures régulières contribuent également à la sécurité des personnes. L’hygiéniste du travail Chantal Leuenberger mesure les substances chimiques présentes dans l’air des halles ou sur les surfaces, ainsi que dans les combinaisons de protection. « Depuis le début de la phase pilote en mai dernier, j’ai régulièrement effectué des mesures », précise Chantal Leuenberger. « Le résultat est que, malgré la présence du broyeur, la concentration de substances dans l’air de la halle d’excavation n’a que très peu augmenté. A l’extérieur des halles, rien n’a changé. »
Contrôles sanitaires pour les collaborateurs
Afin de protéger les collaborateurs contre les substances dangereuses, Chantal Leuenberger et Dr Stefan Jeggli, médecin du travail, collaborent étroitement. Ainsi, des échantillons de sang et d’urine des collaborateurs sont désormais prélevés le même jour que les mesures d’air, et des entretiens confidentiels sont menés avec les collaborateurs. « Aujourd’hui, nous comprenons mieux quels paramètres sont importants pour la qualité de l’air ambiant et la santé des collaborateurs, dit Chantal Leuenberger, car la composition de l’atmosphère des halles change en fonction de la composition des différentes charges de déchets. »
« Parfois, nous faisons un véritable travail de détective », ajoute le médecin du travail Stefan Jeggli : « Lorsque nous constatons qu’un paramètre varie chez un collaborateur, nous parlons avec lui pour en trouver les raisons. A-t-il, par exemple, ignoré une consigne de sécurité ? Avait-il un problème avec la combinaison de protection ? Ou cette anomalie est-elle liée à des activités privées ? »
Ensemble, des raisons et solutions sont alors recherchées, toujours en tenant compte de la protection des données personnelles. Il s’agit de déterminer, par exemple, si des modifications de l’équipement de protection seraient judicieuses ou s’il faudrait des formations supplémentaires. Des mesures techniques, par exemple une ventilation plus puissante à certains endroits de la halle, peuvent aussi entrer en considération. « Jusqu’ici, seules des modifications mineures ont été nécessaires ; notre programme a fait ses preuves », déclare Dr Jeggli. Y compris auprès des collaborateurs : « Ceux-ci apprécient que des externes comme nous puissent leur confirmer qu’ils sont en bonne santé », ajoute Stefan Jeggli.
Une conscience des risques éventuels
Michel Momet, machiniste de chantier expérimenté, a également confiance dans le concept global de sécurité et de santé. Ce Français de Seloncourt travaille pour le Groupement DIB, à Bonfol, depuis avril 2011. Les travaux étaient alors encore interrompus en raison de l’explosion. Depuis, il enlève le matériau du couvercle de la décharge au moyen d’une pelle mécanique télécommandée, alimente le broyeur avec ce même engin, excave des déchets au moyen d’un pont-roulant à grappin et exécute des travaux d’entretien technique dans la halle. Cette explosion l’inquiète-t-elle ? « Il existe de nombreuses mesures techniques, des instructions de travail claires et nous avons été parfaitement formés. Je me sens en sécurité ; sinon, je ne serais pas ici », précise Michel Momet. Pour lui, une collaboration basée sur la confiance est tout aussi importante.
« Sur ce chantier, nous savons que nous pouvons compter les uns sur les autres », estime Claudio Wächter. Il en est convaincu : « Nous avons une conscience des risques très développée. De ce fait nous avons probablement, ici, des conditions de travail plus saines qu’un mécanicien auto qui utilise du diluant cellulosique sans trop de précautions. »